En 1995, Marcel Gauchet a montré cb "la révolte antilibérale de 1995" était paradoxale: elle se voulait révolte contre le démantèlement du social par le libéralisme triomphant alors qu'elle était l'expresison caricaturale d'un corporatisme exacerbé, dès lors que des salariés menacés dans leurs statuts s'érigeaient en défenseur de l'interet général. "Les clercs de notaires, les syndicats de la Banque de France, les gaziers, les électriciens sont ou appellent à la grêve...[En 2007],C'est le prolétariat infernal qui se révolte contre les souffrances. C'est le monde du travail, ce sont les serfs nouveaux !" Jacques Marseille

 En 1995, Marcel Gauchet a montré cb "la révolte antilibérale de 1995" était paradoxale: elle se voulait révolte contre le démantèlement du social par le libéralisme triomphant alors qu'elle était l'expresison caricaturale d'un corporatisme exacerbé, dès lors que des salariés menacés dans leurs statuts s'érigeaient en défenseur de l'interet général.  "Les clercs de notaires, les syndicats de la Banque de France, les gaziers, les électriciens sont ou appellent à la grêve...[En 2007],C’est le prolétariat infernal qui se révolte contre les souffrances. C’est le monde du travail, ce sont les serfs nouveaux !" Jacques Marseille
Hier, après avoir bossé un de mes TD de droit civil (où au final je n'ai pas fait grand chose-->n'y comprenant rien, c'est difficile ! lol) je décidai d'aller voir les nouvelles. Je regarde France 2 en général et donc 20h00, les titres sont annoncés et et quoi ???

IL VA Y AVOIR ENCORE UNE GREVE DES CHEMINOTS, A LA RATP, EDF, GDF... le 13 novembre, celle-ci débuterait... Et elle serait reconductible !
EST-CE QU'ON PENSE AUX UNSAGERS ?
Non décidément, c'est vraiment relOoO. En ce moment, je n'ai pas trop le temps d'écrire car la fac m'accapare assez mais j'en ai marre aussi. Plus ça va et plus je me dis que dans ce pays, il y a une impossibilité de réformer.C'est vrai quoi ?! Dès qu'un gouvernement tente une réforme, les syndicats descendent dans la rue et crie au scandale...
Est-ce si difficile de comprendre que pour sauver notre système par répartition, est-ce si difficile d'admettre que pour assurer nos retraites, il va falloir réformer et réformer maintenant.
Comme ne cesse de le marteler le ministre du Travail, Xavier Bertrand, il n'y a que trois solutions :
-soit on baisse le niveau des pensions
-soit on cotise davantage
-soit on travaille plus longtemps
En 1993, le secteur privé est passé à 40 annuités, en 2003, les fonctionnaires et la logique veut que ce soit de même pour les régimes spéciaux... Surtout qu'il y a 1 million 500 retraités cheminots pour 500 000 actifs donc si on veut à terme, ne pas avoir de problème de financement des retraites, il faudrait peut-être commencer par l'alignement de tout le monde, régimes spéciaux compris, à 40ans. Alors bien sur, cela ne règlera pas tous les problèmes, c'est évident et les franchises médicales pour renflouer les caisses de la SECU, je suis carrément contre mais déjà, un peu plus d'équité ne ferait pas de mal.
L'autre jour, Sarkozy est allé rendre une petite visite à des agents de maintenance de la SNCF et le dialogue assez rude qu'il a eu avec un salarié à été retransmis plusieurs fois. Et bien moi ça m'a vénère l'attitude du mec qui en gros disait que si le gouvernement ne retirait pas sa réforme, les syndicats manifesteraient et que ce serait la rue qui commanderait et que cela ferait comme en 1995... Non mais la BLAGUE ! Où a-t-il vu que c'est la rue qui gouverne ?

Je suis totalement d'accord que la méthode adoptée par le gouvernement n'a pas été la meilleure dans le sens où annoncer d'entrée de jeu qu'il n'y aurait pas de négociation possible sur la durée de cotisations, ce n'est pas très malin et n'a fait que braquer des syndicats déjà hostiles à une telle réforme.
Mais si j'ai bien tout compris, les négociations sont quand même relativement ouvertes et aux syndicats de proposer des solutions qui pourraient convenir et au gouvernement de céder sur quelques points.
Il est certain aussi que l'on ne peut pas voter un paquet fiscal à 15 milliards d'euros pendant l'été dont une partie consacrée aux plus riches et demander aux autres, 3 mois plus tard de travailler plus longtemps pour payer les retraites futures. Et puis porter le salaire du Pdt de la République à 20 000 euros, n'est en soi peut etre pas une mauvaise chose dans la mesure où un peu de transparence ne peut pas faire de mal mais parler de ce sujet au moment où le pouvoir d'achat stagne, où un mois s'annonce tendu sur un plan social... encore une fois, ce n'est pas malin du tout.

--> Régimes spéciaux: un enjeu symbolique<--

Les régimes spéciaux de retraite sont une survivance de notre histoire sociale. A sa création, en 1945, le régime général était peu généreux, de sorte que les entreprises qui disposaient déjà d'un système de retraite plus favorable n'ont pas voulu y adhérer. Les régimes spéciaux ont versé 13,2 milliards d'euros de pensions en 2006, soit 0,7% du produit intérieur brut (PIB) et 6% de l'ensemble des retraites. Ils comptent 478 000 cotisants pour 1,13 million de bénéficiaires. Avec moins d'un cotisant pour deux bénéficiaires, contre un pour 0,64 dans le régime général, leur ratio entre cotisants et ayants droit est donc particulièrement dégradé.

N'ayant pas été réformés jusqu'ici, ces régimes conservaient une durée de cotisation requise de 37,5 années, sans décote ni surcote (*) , pour avoir droit à la retraite, contre 40 ans pour les autres régimes. La pension correspond à 75% du dernier salaire et les retraites sont indexées sur les traitements, alors que ceux des autres régimes sont désormais alignés sur les prix. Les postes pénibles donnent droit à une bonification de durée de cotisation: ainsi, les conducteurs ont droit à un an tous les cinq ans à la RATP, et un an tous les quatre ans à la SNCF(trente années de travail comptent donc pour 37,5 années de cotisations). Et certains salariés peuvent partir à la retraite à 50 ans (agents de conduite SNCF ou RATP) ou à 55 ans (services actifs des industries électriques et gazières, services de maintenance à la RATP, SNCF).


Déséquilibre démographique


En sens inverse, ces entreprises ne licencient guère et n'ont pas recours aux préretraites ou aux dispenses de recherche d'emploi. Du coup, l'âge moyen de fin d'activité est de 55,5 ans pour les industries électriques et gazières et de 55 ans pour la RATP et la SNCF, contre 57,5 ans actuellement pour le régime général. L'écart n'est donc que de l'ordre de deux ans. A titre de comparaison, il existe également un congé de fin d'activité pour les chauffeurs routiers (à 55 ou 57,5 ans) qui fait que l'âge moyen de départ à la retraite de cette profession est de 56 ans.

Le déficit des régimes spéciaux à la charge de l'Etat atteint 5 milliards en 2007: 0,5 milliard pour la RATP, 2,5 milliards pour la SNCF, 0,8 milliard pour les mines, 0,7 milliard pour les marins (les mines et les marins ne sont pas concernés par la réforme engagée par le gouvernement)... Mais il tient surtout à la structure démographique de ces populations. Pour les mêmes raisons, les régimes spéciaux de retraite des non-salariés (agriculteurs, commerçants, artisans, cultes...) affichent d'ailleurs, eux aussi, des déficits très importants. Sans réforme et compte tenu de l'évolution démographique, le déficit des régimes spéciaux de salariés du public devrait rester stable jusqu'en 2020, à 0,3% du PIB, puis diminuer jusqu'à 0,2% en 2040.


Le surcoût des avantages spécifiques des régimes spéciaux est délicat à évaluer. Il serait de l'ordre de 650 millions par an à EDF-GDF, 500 millions par an à la SNCF, 200 millions à la RATP, soit 2 milliards au total. Il est, pour l'essentiel, compensé par des cotisations plus élevées qu'ailleurs au niveau de ces entreprises. Alors que le taux de cotisation vieillesse (salariales et patronales) est de 26% du salaire brut dans le secteur privé, il est de 37,2% dans les industries électriques et gazières, de 36,3% à la SNCF et de 30% à la RATP.


Un gain de 200 millions par an


La réforme ne peut toucher les personnes déjà à la retraite. Ne sont donc concernés que les futurs retraités, relativement peu nombreux. Au mieux, la réforme permettrait un gain de 200 millions la première année, qui pourrait atteindre 1 milliard en cinq ans et 2 milliards à terme. L'enjeu financier est donc faible.
La question de la réforme se pose en fait surtout pour des raisons d'équité et de symbole. Un système basé sur la répartition, et donc sur la solidarité nationale, doit en effet être le plus unifié et le plus homogène possible. Ceci ne signifie cependant pas que tous les régimes doivent être alignés sur le moins favorable... Des dispositifs comme la bonification des périodes de travaux pénibles ou la stabilité des taux de remplacement devraient être généralisés au privé plutôt que supprimés dans le public.


Deuxième partie d'article tirée d'Alternatives Economiques, novembre 2007


[-------------------------]

On aurait pu croire à une sortie de crise rapide quand la CGT par l'intermédiaire de son leader syndical a avancé de nouvelles propositions destinées à ouvrir des négociations tripartites avec les directions d'entreprises et les représentants de l'Etat pour chacun des régimes spéciaux.
MAIS c'était sans compter les assemblées générales qui reportaient la grève...Dépassés par la base les syndicats..?

La question est de savoir si les syndicats d'aujourd'hui qui représentent une forme d'Ancien régime, sont capables d'accepter un principe de bon sens que la majorité des Français a compris.
Il n'est pas possible qu'une minorité de Français cotisent 37 ans et demi alors que tous les Français et en particulier les fonctionnaires cotisent 40 ans, il n'est pas question qu'une minorité de Français voient leur retraite indexé sur le salaire de la branche alors que la totalité des Français voient leur retraite indexé sur les prix.
Nous avons gagné ces derniers demi-siècles, une espérance de vie colossale et aujourd'hui quand un français part à la retraite, il a 20, 25 ans voire 30 ans à en profiter a fortiori ceux des régimes spéciaux.
Les Français ont compris que ce n'était pas juste ni équitable. Assiste t-on à un divorce complet entre les appareils syndicaux dont les discussions montrent que l'on ne s'est pas très bien de quoi ils parlent et l'immense majorité de l'opinion qui a parfaitement compris l'enjeu de cette grève et des retraites?Les syndicats s'érigeraient-ils en défenseur d'un monument d'injustice (c'est-à dire des régimes spéciaux)?
La CGT estime que ce n'est pas en privilégiant l'allongement de la durée de cotisation que l'on va résoudre le financement des régimes des retraites.
Alors quoi? Bras de fer? Encore? Toujours?

=> Et au final, les usagers pris en otage!

# Posted on Thursday, 01 November 2007 at 2:06 PM

Edited on Sunday, 20 April 2008 at 10:10 AM

Choquée

Choquée
Ce matin, j'étais tranquillement entrain d'écouter les horreurs de Robespierre pendant la Révolution quand je levai ma tête bien décidée à faire une petite pause de quelques secondes (j'avais mal au poignet!) et je la vis, elle, quelques rangs devant moi, vêtue d'un foulard sur la tête.
Je me tourne vers ma voisine de droite et je lui dis: " hé t'as vu la moeuf "(oups)? (et je la désigne discrètement) Elle me fait "oui" d'un hochement de tête et ajoute "Moi ça m'énerve"
Je me tourne vers ma voisine de gauche (qui ne notait rien, comme d'hab :p) et je lui pose la meme question et elle me dit "mais tu l'avais jamais vu?" ( en moi meme, ben non, en cours, j'écoute et je note, je ne compte pas les mouches! =D) et rajoute "Jcroyais que c'était interdit?"

OUI MOI AUSSI JE PENSAIS QUE C'ETAIT INTERDIT ?!?

Personnellement, je n'ai rien contre les différentes religions et j'ai meme essayé de banir les préjugés que j'avais de la religion musulmane notamment grâce à certaines de mes copines qui ont pour religion l'Islam, il n'empeche que ZUT.
Etant attachée au principe de laïcité, je ne trouve pas cela normal que de montrer, de quelconque manière, son appartenance religieuse.
Sinon rien ne va plus! Un tel va se rammener avec une croix, un autre avec la kippa...

Et vous, qu'en pensez vous? Est-ce de l'intolérance?


# Posted on Wednesday, 17 October 2007 at 3:03 PM

Edited on Sunday, 20 April 2008 at 10:08 AM

Haro sur les fonctionnaires?

Haro sur les fonctionnaires?
Durant la campagne présidentielle, Sarkozy en avait fait un de ses slogans. Je ne parle pas ici du célèbre «travailler plus pour gagner plus» mais du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
«Il faut dégraisser le mammouth» avait dit Claudre Allègre ( et non un membre du gvt, merci marlou-31!). Levée de bouclier chez les syndicats de fonctionnaires et depuis les déclarations ont été quelque peu modérées. On ne dégraisse plus le mammouth, on refonde une fonction publique malade a dit F.Fillon
Après mes dérives sarkozystes du précédent article, je vais tenter de rectifier le tir mais je ne vous garantis rien !
Tout d'abord, un petit document d'après le mensuel Alternatives Economiques :


Combien d'agents publics ?

Combien y a-t-il de fonctionnaires? Tout dépend de ce que l'on met derrière ce mot. Le plus souvent, on pense à la fonction publique d'Etat. Celle-ci rassemble aujourd'hui 2,2 millions de titulaires, soit 9% de l'ensemble de l'emploi. La fonction publique au sens large regroupe 5,3 millions de salariés. Si l'on retire les non-titulaires (891 000), il en reste 4,4 millions, soit 18% de l'emploi. Si l'on ajoute à la fonction publique l'ensemble des organismes publics ou financés sur fonds publics, ainsi que le personnel des entreprises publiques, on obtient alors 6,9 millions de salariés qui peuvent être rattachés à la sphère publique, soit près de 28% de l'emploi (non-titulaires compris). Mais il ne s'agit plus uniquement de fonctionnaires.


Une bonne partie de ces salariés dispose d'un statut protégé, mais c'est loin d'être le cas pour tous. On compte, par exemple, 17% de non-titulaires dans l'ensemble de la fonction publique. Une partie d'entre eux sont des contractuels dont les contrats sont renouvelés de manière quasi automatique. Mais, de l'Université à La Poste, le secteur public employeur manie autant, voire davantage, la précarité que le secteur privé...

En 2008, ce ne sera qu'un fonctionnaire sur trois qui ne sera pas remplacé mais déjà plus de 22 000 postes de supprimés sur un peu plus de 68 000 départs prévus.
Est-ce que la fonction publique est véritablement trop nombreuse ? Remplit-elle le service qui convient ? Faut-il repenser la question du service public ?
Les sondages montrent qu'une écrasante majorité des Français est satisfaite de la fonction publique mais aussi des fonctionnaires mais ils montrent aussi que les Français pensent nécessaire une réécriture et qu'une modernisation devrait avoir lieu.
Mais réformer l'Etat ne peut se résumer à une approche quantitative qui ne pourra que dégrader la qualité des services rendus et développer les inégalités déclare en introduction du dossier trop de fonctionnaires ? Ph. Frémeaux, le directeur de la rédaction d'Alter Eco.

Remplacer un fonctionnaire deux ?
Aurait-on besoin d'un bouc émissaire en cette période de croissance morose ? L'Etat va-t-il réellement réaliser une économie ?

De faibles économies

Les suppressions de postes décidées représentent en année pleine une économie de l'ordre de 900 millions d'euros. Comme les départs ne s'effectueront pas tous au 1er janvier, l'économie pour 2008 ne dépassera pas 500 millions d'euros, report des suppressions de postes effectuées en 2006 inclus. Sachant que Nicolas Sarkozy a promis de restituer la moitié des économies réalisées sous forme d'augmentation des salaires - la fameuse revalorisation -, ce ne sont donc que 250 millions d'euros qui devraient être économisés en 2008, sur une masse salariale totale de la fonction publique d'Etat de 85 milliards d'euros pour les traitements des fonctionnaires en activité et de 32 milliards d'euros pour les pensions des retraités.

Cette masse salariale globale va continuer à croître mécaniquement. Sauf à se mettre à dos durablement l'ensemble des fonctionnaires, on voit en effet mal le gouvernement ne pas revaloriser la valeur du point, l'indice qui sert de base au calcul des salaires. Même en ne cédant que 1% d'augmentation, cela fait déjà 850 millions d'euros de plus! Ensuite, il faudra bien assumer les décisions de revalorisation décidées antérieurement au profit de certains corps de fonctionnaires. Le passage progressif des policiers de la catégorie C à la B, par exemple. De quoi alourdir encore la barque de 450 millions d'euros. A cela s'ajoute le fameux GVT, le glissement vieillesse-technicité, qui traduit tout bêtement le fait que certains agents publics bénéficieront d'avancement à l'ancienneté ou au choix, ou accéderont à de nouvelles responsabilités justifiant un changement d'indice. Soit en moyenne, 1,7 milliard d'euros de plus par an. Ouf! le remplacement de fonctionnaires partant à la retraite par de jeunes débutants permet en gros d'économiser la même somme. Mais il faut bien payer les pensions des retraités, et comme les départs en retraite sont aujourd'hui plus nombreux que les décès, la masse des pensions versées s'accroît, bon an mal an, de 1,5 à 2 milliards d'euros chaque année. Bref, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois en 2008 est loin de permettre de faire baisser la masse salariale de l'Etat!

A moyen terme, en appliquant la règle du "un sur deux" aux 300 000 fonctionnaires qui devraient partir à la retraite de 2008 à 2012, on obtient une économie de 6 milliards d'euros sur la masse salariale de l'Etat, toutes choses égales par ailleurs. Sachant que Nicolas Sarkozy s'est engagé à en reverser la moitié aux fonctionnaires en poste, la diminution de la dépense n'est donc que de 3 milliards d'euros. Une économie réduite donc, avec comme contrepartie un sérieux risque politique. Car si les Français n'aiment pas trop les fonctionnaires - tout en souhaitant à leurs enfants de le devenir -, ils souhaitent disposer de plus d'enseignants, de policiers ou encore d'infirmières.

Bref, dire que grâce à ces économies, on arrivera à rééquilibrer le budget de la France est une aberration... Surtout quand quelques semaines plus tôt, les députés ont adopté ce qui sera une des marques du quinquennat de Sarkozy : le bouclier fiscal à 50%.
Pour faire court, il s'agit d'un énorme cadeau fiscal à quelques 200 000 personnes.
Entre un paquet fiscal de 15 milliards d'euros (argent qui aurait pu certainement mieux être redistribué et ce dans un cadre plus collectif, plus général, bref dans au nom de l'intérêt général) et une éco de fonctionnaires de qqls centaines de millions d'euros, « il n'y a pas photo »...

Le problème, les problèmes sont les suivants :
Les fonctionnaires sont-ils utiles ? Efficaces ? Doivent-ils être productifs ? Cmt mesure t-on leur productivité ?
Quand on sait que les fonctionnaires représentent à eux seuls la moitié du budget de l'Etat avec les salaires et pensions et que ce sont les contribuables avec leurs impôts qui les rémunèrent, ces questions sont légitimes.

Oui mais par exemple, comment mesure-on la productivité d'un enseignement ?
Selon quels critères se base t-on ?

Les pro-Sarko avancent comme argument qu'il y a 20ans, il y avait un million de fonctionnaires en moins et s'interrogent : les Français ont-ils eu l'impression d'avoir été mieux soignés, mieux éduqués, mieux employés ?
Ce qu'ils oublient de dire (merci la CGT !) c'est que dans ce même temps, la population a cru de 17% et que l'emploi actif total a cru de 19%.
Là où ils ont raison c'est qu'en France, on a à la fois un nombre de fonctionnaires élevé et un taux de chômage élevé. Et l'idée que l'emploi public aurait pu être une compensation aux défaillances du marché de l'emploi s'est avérée fausse et tous les pays qui ont fait baisser leur taux de chômage, ont baissé aussi leur nombre de fonctionnaires.

En France, il y a un peu plus de 900 000 enseignants : on a un système éducatif qui coute cher
et aujourd'hui 15% des jeunes entrant en 6eme ne savent ni lire ni écrire ni compter et 25% savent à peine lire à peine écrire à peine compter et 150 000 jeunes sortent chaque année, sans diplômes voués au chômage...
Les autres pays ont beaucoup moins d'heures d'enseignements que les Français et obtiennent de meilleures résultats.

Quand on décide d'augmenter de 1% les fonctionnaires, c'est 5.2 millions de fonctionnaires qu'on augmente. Quand on augmente les fonctionnaires de 1 ou 2 %, doit-on augmenter les 5.2 millions de fonctionnaires ? Encore une fois, comment doit-on évaluer leur mérite ?

Tournons nous maintenant vers les autres pays européens et notamment les pays scandinaves avec la Suède et le Danemark. La gauche française pose qu'à partir du moment où le modèle scandinave combine l'efficacité économique et la cohésion sociale, il se rapprocherait forcément du modèle français. Mais ces modèles sont différents notamment par exemple sur celui entre emploi public et emploi privé.
« En France, la gauche récuse l'idée qu'il y ait inégalité entre emplois publics et emplois privés. L'idée que la surprotection des uns produit de l'inégalité au détriment des seconds est réfutée au nom du nivellement par le bas. Au Danemark, une telle dichotomie est considérée comme inacceptable car profondément injuste. L'une des caractéristiques du modèle danois est de reposer sur le principe de la continuité des conditions d'emploi et de travail entre secteur public et secteur privé. Non seulement la fonction publique est très limitée mais tout a été entrepris pour rapprocher le fonctionnement de la fonction publique et celui du secteur privé, y compris en stimulant la concurrence entre eux dans le domaine de l'assurance.
Par ailleurs, la correspondance entre la fonction et le statut (si on est fonctionnaire on bénéficie du statut de la fonction publique) est absente du système danois où seule une petite minorité de fonctionnaires bénéficie d'un emploi protégé. En France, parce qu'on ne veut pas renoncer aux statuts mais qu'on n'est pas non plus en mesure de les généraliser, des employés bénéficiant d'un statut et d'autres qui en sont dépourvus sont susceptibles d'exercer une même fonction. Ce type de disposition serait tout simplement inacceptable dans un pays scandinave, tant elle symboliserait l'inégalité construite non pas par le marché mais par l'Etat. La règle est donc celle du contrat unique pour tous, emplois privés comme publics.
Au Danemark comme en Suède, le système s'efforce de protéger pour faciliter me changement et non pour le contenir. »
Sortir du pessimisme social, par G.Grunberg et Z.Laîdi

La gauche est totalement muette sur toutes les propositions d'ouverture des marchés protégés de l'emploi car pour elle, remettre en cause certains statuts, c'est s'attaquer à la fonction publique et donc aux services publiques et à leur qualité. Pour elle, soumettre des agents de l'Etat à davantage de mobilité, d'évaluation voire de compétition, c'est entrer dans une logique de privatisation et de démantèlement des services publics.
« Au nom de quel principe un salarié de la fonction publique devrait-il être doté d'un statut particulier ou plus protecteur ? L'Etat a besoin d'agents à son service et dans certains domaines, une augmentation est indispensable mais en quoi l'emploi public devrait être lié à un statut et en quoi défendre un statut serait socialement plus juste qu'uniformiser les conditions d'accès à l'emploi ? »

Avant 2001, en Suède l'entreprise SJ (l'équivalent de la SNCF) alors étatique employait 15 000 fonctionnaires, aujourd'hui elle appartient tjrs a l'Etat mais elle est priée de faire des bénéfices et n'emploie plus que 3500 personnes dont aucun fonctionnaire.
En 15 ans la suède a licencié la moitié de ces fonctionnaires.
La raison ? La dette qui étrangle le pays.
Contrepartie ? Une structure, la fondation pour la sécurité de l'emploi chargée de reclasser ces fonctionnaires.
Le deal en Suède? Sécurité de l'emploi pour tous. Les fonctionnaires donnent un peu de leur sécurité et ainsi sécurité pour toute la population.

Et alors le deal, en France, c'est quoi ?

# Posted on Friday, 05 October 2007 at 6:33 AM

Edited on Sunday, 20 April 2008 at 10:07 AM

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... communiste.

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... communiste.
J'aime bien les gens en général même s'il est vrai que parfois, je ne suis pas très sociable. J'apprécie de côtoyer des personnes de tous bords, de tous horizons politiques, je ne suis pas sectaire mais je dois avouer que moins je vois de « pro Le Pen » mieux je me porte.
Jusqu'à il y a peu, j'aimais bien parler avec des communistes. Ils sont sympas les communistes, on rit bien avec eux.

Mais je dois bien dire que depuis un moment, je les ai dans le collimateur « les cocos » et cela depuis quelques mois maintenant.
C'est d'ailleurs plus aux trotskistes que je voudrais m'en prendre ce soir mais communistes et trotskistes, pour moi, c'est un peu pareil.
Je disais quelques lignes plus haut, qu'avec les communistes, on n'avait pas le temps de s'ennuyer. Et cette année encore, avec les élections présidentielles, ils nous l'ont prouvé.
Et allez que je te parle au nom des couches populaires, des petites gens, des smicards, des RMIstes... Et en moi-même, je me disais «voilà un parti qui s'intéresse vraiment à eux, si souvent délaissés par les différents gouvernements de droite comme de gauche (un peu plus de droite, non ?) »
Et puis tiens, bizarre... Un score médiocre pour la gauche antilibérale au premier tour des présidentielles.
Alors que la remise en cause du modèle capitaliste (hyper)financier est majoritaire dans l'opinion, ceux qui sont censés porter cette contestation sont inaudibles. Sans doute, leur discours sans cesse vindicatif, leur manque d'imagination, la répétition de slogans mécaniques ou tout simplement leur manque d'ouverture ont contribué à les couper du peuple dont –quoique certains en disent- ils se prétendent les porte-parole.
Et une question me vient à l'esprit : quand cesseront-ils de se réclamer de couches sociales qui les rejettent ?

Oui car, il ne faut pas oublier que 53% des Français ont voté pour Sarkozy au 2d tour (quand je disais dans mon précédent article que tout revenait à lui !) et que dans cet électorat pro Sarko, une partie des couches populaires s'est rangée de son coté.

Je vais vous révéler un secret mais chuuut : l'utopie communiste est morte définitivement au début des années 90; elle reposait sur cinq piliers :
- mouvement communiste international
- révolution bolchevique
- puissant parti communiste
- identification du PC à la classe ouvrière
- perspective (illusion ?) de l'abolition du capitalisme et de son remplacement par le communisme ( ou socialisme)

Ces éléments disparaissant au fil des années, le PC s'est retrouvé privé de modèle et s'est isolé. Sans parler de son dépérissement électoral, la baisse du nombre de ses militants...
Les communistes mais surtout les trotskistes, se raccrochent à l'idée d'un changement radical ; or pour pouvoir envisager cela, encore faut-il des forces...dont ils ne disposent pas.
Je le dis avec franchise, pour moi, les communistes sont « à coté de la plaque » (n'ayons pas peur des mots !). Besancenot avec la LCR, pendant les élections, parlait de passer à 32h/semaine quand beaucoup de voix s'élevaient (s'élèvent) –même chez les socialistes !- contre la loi sur les 35h (détricotée depuis 2003), les communistes sont pour une augmentation du SMIC porté à 1500euros quand le cout de la main d'œuvre chinoise est faible et que du coup, la France perd en compétitivité par rapport à des pays émergents, CGT, pas vraiment très satisfaite d'une éventuelle réforme sur les régimes spéciaux des retraites et commence à préparer la grève...
Et puis c'est toujours, toujours la faute des patrons ! Ah c'est sur que si on pense à ces patrons, ces grands PDG qui gagnent 300 fois le SMIC, cela a de quoi énerver mais on peut penser aussi à ceux qui triment pour monter leur affaire et qui eux, ne s'en mettent pas plein les poches.
Bref, «les cocos » pas dans l'air du temps...

Et... et pourtant...
Sur des sujets comme le PACS, l'homoparentalité, on les découvre très libéraux culturellement. Et c'est d'ailleurs une bonne chose !
D'où une question (une autre !) : peut-on être libéral sur le plan culturel sans l'être sur le plan économique ? Croce, un des philosophes de l'ère post-fasciste répond par l'affirmative et c'est donc à ce titre (même si c'est paradoxal) qu'il se dit social-libéral.

# Posted on Wednesday, 19 September 2007 at 3:18 PM

Edited on Tuesday, 27 May 2008 at 11:31 AM

OvErDoSe

OvErDoSe
« Eh bien, puisque personne n'existe plus, puisqu'il n'y a plus de Français, exceptionnels ou ordinaires, plus de travailleurs, de chercheurs, de chômeurs, d'entrepreneurs, de penseurs français, plus d'électeurs ou d'élus, plus de responsables ou d'irresponsables, de ministres, d'intermédiaires, de mandataires, de dirigeants ou de citoyens, plus de contents ou de mécontents, plus de majoritaires ou d'opposants, plus de droite ou de gauche, puisqu'il n'y a plus qu'un homme, sauveur suprême, qui trône, court, parle, dit, parade, commande, décide, apparaît, désigne, intervient, ordonne, nomme et choisit ; puisque tout le reste disparaît, effacé, aboli, raturé, puisqu'il est devenu le référent unique, l'orateur unique, l'acteur unique, la star unique, le décideur unique, le magistrat unique, le grand prêtre unique ; puisque tout renvoie au chef, dépend du chef, émane du chef, descend du chef et remonte au chef ; puisqu'on entend que lui, qu'on ne parle que de lui, qu'on ne voit que lui, qu'on ne se réclame que de lui et qu'on ne s'en réfère qu'à lui, nous aussi, puisque aucune autre posture n'est apparemment admise, rendons hommage à son Altesse, le Président de la République. »


C'est par cette brillante chronique de JF-Kahn, dans Marianne daté du 14 juillet 2007, que je (re)lance mon blog ! Merci pour vos nombreux commentaires et j'espère que la rentrée s'est bien passée!
J'aurais pu faire preuve d'imagination mais je dois avouer que lorsque j'ai lu la rubrique «notre opinion» je n'ai pu qu'approuver encore et encore. Déjà à la mi juillet, Sarko était omniprésent, omnipotent, omniscient, à la radio, à la télé... dans tous les médias en général et ce fut le cas... tout l'été !
D'où le titre de mon article : overdose.
Sarko et la réforme universitaire, Sarko et le paquet fiscal, Sarko et le service minimum, Sarko et Bush : le pique nique, Sarko en Amérique, les bourrelets de Sarko effacés par Paris Match, les innombrables footings de Sarko, Sarko et les otages libyens, le style Sarkozy, les « amis » de Sarko (le Point de cette semaine)... et quand on ne parle pas de Sarko, on parle de Cécilia ! Cécilia qui ne s'est pas déplacée pour voter au second tour, Cécilia et sa tenue vestimentaire (robe Prada) le jour de l'investiture, Cécilia et la carte bleue, Cécilia envoyée en Libye pour effectuer un voyage humanitaire (et faisant du même coup, de l'ombre au soi disant ministre des Affaires étrangères), quel rôle pour Cécilia dans la libération des otages, la commission d'enquête doit-elle ou pas se déplacer à l'Elysée ? Cécilia donne une interview dans le Parisien...Et quand ce n'est ni Sarkozy ni sa femme, on parle d'un des fils Sarkozy !

Et je me pose une question : mais où va t-on ?
Est-ce cela l'idée que l'on se fait de la République ? Un homme, un seul pour diriger le pays ?
Et encore dernièrement avec la réforme des régimes spéciaux ! Quand enfin, on entend le Premier Ministre, ( censé être le chef du gouvernement !) F.Fillon, dire à propos de la réforme «elle est prête», branle bas de combat, les syndicats se déchaînent, la phrase de B.Thibault, numéro 1 de la CGT est relayée dans tous les médias «il va y avoir du sport» Sarko se voit dans l'obligation au détour d'une conférence de presse de rappeler à l'ordre subtilement son Premier Ministre en disant qu'un peu de méthode ne pourrait pas faire de mal !
Une délégitimation de plus !
Et les ministres dans tout ça ? Matignon déresponsabilisé, l'Intérieur ligoté, Bercy désavoué...ministres au supplice, ministres effacés, ministres martyrisés.
« Puisque le roi le veut, il n'y a plus qu'à obtempérer, qu'à s'exécuter, littéralement avec l'humilité béate du pénitent, heureux de son sort.»

Et n'oubliez pas, le 18 Septembre, le Président donnera sa réponse et son plan de bataille concernant le projet de réforme sur les régimes spéciaux.
Et si vous manquez l'événement à cause d'un imprévu, ne vous inquiétez, les médias se chargeront pour vous, de vous repasser en boucle et en boucle, les paroles de notre Président bien aimé.

# Posted on Saturday, 15 September 2007 at 8:17 AM

Edited on Sunday, 20 April 2008 at 10:02 AM