Trois mois après son adoption, la loi sur l'autonomie des universités nourrit l'affrontement étudiant.
Des étudiants délogés à coup de matraque sous les applaudissements d'une partie de la faculté, lundi à Nanterre. Les CRS sont venus casser le blocage de la fac de droit, un blocage décidé la veille au cours d'une AG houleuse dont le résultat était contesté.
La loi relative aux libertés et à l'autonomie des universités
1- La loi menace la démocratie universitaire et les personnelsCe que refusent les étudiants
Les étudiants refusent que la loi remette en cause la démocratie universitaire : les pouvoirs des présidents d'universités sont accrus sans contre-pouvoir, et les étudiants sont exclus des instances universitaires, la loi faisant baisser à 10% à 20% le nombre d'étudiants dans les CA (contre 20 à 25% jusque là).
Les étudiants refusent que les personnels soient précarisés à travers le développement des emplois contractuels et la mise en concurrence des étudiants et des personnels, les étudiants pouvant être recrutés par les universités, sans aucun élément garantissant qu'ils ne remplaceront pas les personnels
Ce que demandent les étudiants :
Des modifications législatives de la loi LRU pour :
• Une composition démocratique des instances de l'université
• Un recrutement des enseignants chercheurs transparent
• Une limitation du recrutement contractuel des personnels
• L'encadrement de l'emploi étudiant à travers un statut protégé (de type MI-SE) qui garantisse un aménagement horaire pour poursuivre les études et une rémunération à 1,2 SMIC
2- La loi augure d'un désengagement financier et politique de l'Etat de l'enseignement supérieurCe que refusent les étudiants :
La loi facilite le recours au financement privé en développant les fondations universitaires. Adossée à un budget en pénurie, dans lequel seuls les crédits en direction de la recherche privée augmentent, cette loi constitue un cocktail explosif qui creusera les inégalités entre les universités attractives récoltant beaucoup de fonds privés, et les autres dont le financement s'assèchera.
Ce que demandent les étudiants :
• Une loi de programmation budgétaire pluriannuelle garantissant 1 milliard d'euros d'augmentation par an du budget des universités attribué par l'Etat
• Un cadrage national des diplômes garantissant des diplômes nationaux et l'égalité des étudiants sur le territoire à travers des intitulés de diplômes et des modalités de contrôle des connaissances nationaux
3 - La loi risque de remettre en cause la démocratisation de l'enseignement supérieur
Ce que refusent les étudiants :
L'UNEF a obtenu que la loi n'instaure ni sélection, ni augmentation des droits d'inscriptions. Cependant, à travers l'orientation active les étudiants craignent une procédure brutale de régulation des flux. Surtout, la loi n'apporte aucune réponse à l'échec massif des étudiants en 1ère année et à la précarité des étudiants, faisant de l'objectif de 50% d'une classe d'âge au bac un slogan plus qu'une réalité.
Ce que demandent les étudiants :
• La suppression de l'obligation de recours au dispositif d'orientation active
• La mise en place d'un plan pluriannuel pour la réussite en licence, permettant d'arriver à 50% d'une classe d'âge au niveau licence avec : un recrutement d'enseignants chercheurs massifs pour amener les 1ers cycles universitaires au taux d'encadrement des classes préparatoires aux grandes écoles, une refonte des cursus...
• L'adoption de mesures d'urgences permettant d'assurer le pouvoir d'achat étudiant pour 2008
• L'adoption d'une loi d'orientation sur l'aide sociale pour sortir les étudiants de la précarité, permettant d'arriver à 50% d'étudiants boursiers (contre 30% auj 1,5 ourd'hui) et d'augmenter le montant des bourses de 10%
D'après le site de l'UNEF
Cette loi permet un financement externe des entreprises...Est-ce pour autant que l'on assiste à une privatisation des universités?
Je suis encore "en mode reflexion" concernant les bienfaits de cette loi mais une chose sur laquelle mon avis est tranché et définitivement...Je suis CONTRE, ABSOLUMENT contre les blocages...Que l'on soit d'accord ou pas sur cette loi, une minorité n'a pas à imposer à une majorité le blocage! Que ceux qui veulent bosser taffent...que ceux qui veulent aller manifester dans la rue y aillent mais chacun soit etre libre de pouvoir choisir...
Surtout que les bloqueurs ont une conception de la démocratie un peu étrange...
Quelle est la légitimité du type d'AG où on vote à main levée, où on coupe le micro aux autres, des gens qui ne sont même pas étudiants...
Le mouvement est-il un coup politique orchestré par l'extrême gauche ?
Sud étudiant est une des organisations à la man½uvre ces derniers jours. Face à l'UNEF qui a négocié la loi, ce syndicat joue la radicalité et s'appuie sur ses contacts étroits avec les cheminots de sud rail.
Derrière les déclarations des porte paroles étudiants, le mot d'ordre :
la convergence des luttes(?)Tous pour les riches, rien pour les pauvres ? Université à deux vitesses, justice à deux vitesses ?PS: Sarko, c'est bien fait pour toi ce qui se passe! T'avais qu'à ne pas lancer les réformes toutes en meme temps! La précipitation ne mène jamais à rien de bon...
Au lieu de prendre chaque pb à bras le corps, de discuter, de négocier, t'as choisi d'imposer...Voila le résultat...Tu baisses dans les sondages! ( excusez moi Monsieur le Président, pour ce tutoiement exceptionnel...^^)
[--------------------]
Hier, je suis allée à ma première Assemblée générale...Impression? Plutot dubitative et choquée sur certains points.
J'ai trouvé l'attitude de l'UNEF détestable pour commencer. Non seulement pendant 3heures, les représentants nous ont fait subir un bourrage de crâne mais en plus, ils se sont vraiment mal comportés envers le representant de l'UNI. Ok,celui-ci venait de Paris, était vraiment une tete à claque...Il n'empeche qu'il y a eu un certain manque de respect et le radical de droite n'y était pas pour rien, certes ^^
Je croyais que j'allais assister à un vrai débat de fond mais finalement, les arguments avancés étaient pour la plupart médiocres mais finalement ça a dû suffir puisqu'au final 1200 contre la LRU, 80 (dont moi :p) pour, 880 pour le blocage et 400 contre (dont moi :p)
Faut dire aussi que le vote s'est dans un premier temps s'est fait de manière anti démocratique à savoir: à gauche, ceux contre le blocage, à droite, ceux pour le blocage.
Devant les huées des mécontents, les representants ont accepté que le vote se fasse avec notre carte d'étudiant et l'administration avait sorti toutes les noms des étudiants afin qu'on puisse signer.
Au moins, meme si les 11 000 étudiants du campus ne se sont pas exprimés, le blocage est d'une certaine façon, légitime. En attendant, une demi-journée d'AG, c'est crevant!
Qui pourrait nier que l'université n'est pas un chantier abominable, dans un état lamentable par rapport à l'ensemble des pays européens ? Qui pourrait nier que les gouvernements de droite comme de gauche ont prétendu apporter de l'argent et qu'ils ne l'ont pas fait ?
Non seulement les universités françaises sont à la traîne mais en plus s'ajoute à cela un malaise étudiant qui est profond et est justifié.
Mais je dois avouer qu'une sélection à l'entrée de l'université, je ne serais pas forcément contre car on sait que les systèmes universitaires qui marchent sont basés 1) sur une autonomie 2) sur une sélection 3) sur une indexation des salaires sur les résultats, cad sur une forme d'intéressement des gens au résultat. (L'UNEF a dit non à la selection cet été, ok on n'y revient pas.)
Mais la, branle bas de combat, on fustige le « modèle libéral » dont les étudiants en grève ne veulent pas et ceux la défendent le modèle étatique de service politique.
N'y aurait-il pas derrière cette réforme de l'université, une idéologie globale d'appréhension du monde d'aujourd'hui ?
Je suis frappée de voir que quand on parle aux grévistes de ce projet (LRU) qui constitue dans n'importe quelle université du monde moderne, quelque chose d'évident qui est de faire appel de temps en temps à l'argent privé des entreprises pour financer la recherche, les étudiants soient contre et dont le reflexe est de dire : halte à la privatisation de l'université.
Cela veut dire que tant que ce n'est pas l'Etat qui finance à 1OO%, on est dans un système qui est mauvais ? Ce n'est pas bien l'entreprise ? Elle nous menace ?
Le principal étudiant avait négocié la loi pendant l'été et l'avait approuvé !
Cela pose quand même le pb de la valeur d’un vote. A quoi cela sert-il de faire voter des gens à 85% de participation avec 31% au premier tour pour le vainqueur final…quelle valeur cela a til quand 6 mois après l'élection on remet en cause ? (et c'est pas une pro Sarko qui dit ça^^)
Cela pose le pb de la parole aussi donnée par les syndicats et les organisations représentatives qui avaient dit avant l'été sous telles conditions on y va et qui à l'automne parce que le climat politique n'est pas le même, reprennent leur parole, trahissent leur parole d'un jour sur l'autre pour provoquer du conflit. Cela pose enfin le pb de la réforme de l'Etat dans ce pays et de la modernisation. Veut-on moderniser ce pays ou veut-on continuer cette exception culturelle à la française qui fait que tout doucement on est déclassé en terme de productivité en terme d'attractivité de notre territoire, on est déclassé aux yeux même des jeunes générations qui ne pensent qu’à une chose, c'est fuir, partir travailler ou finir les études en Angleterre ou aux States. Au bout du compte avec ces greves, l'adition est salée et payée par le pays, tant sur un plan économique, sur un plan écologique et puis peut être enfin d'un point de vue philosophique tant on en vient à douter de la capacité de ce pays à changer.
On nous avance l'argument qu'avec la loi Pécresse, il y aura une hausse des frais d'inscription...peut-etre mais personne ne pense sérieusement à privatiser l'enseignement supérieur en rendant la scolarité payante. En revanche l'abandon de la quasi gratuité au profit du relèvement des droits d'inscription peut participer d'une plus grande équité et d'une meilleure rationalisation du système éducatif. Car si l'éducation est gratuite, cela ne signifie pas qu'elle n'a pas de cout ! Pas le temps d'expliquer en quoi le relèvement des droits d'inscription peut influencer positivement l'offre d'enseignement mais vous avez compris en gros, l'idée.
Je suis donc pour cette loi parce que je pense qu'elle est necessaire, vitale pour l'avenir de nos universités. Quand on voit que dans le classement de Shanghaï, dans les 50 premières universités, aucune n'est française, je dis non, cela ne peut pas continuer.
Quand j'entends l'UNI dire il n'y aura pas de désengagement de l'Etat: si, evidemment, forcemment.
A terme, des petites universités vont fermer, les grandes universités vont attirer les fonds privés et les petites que dalle. C'est la réalité. Mais quelle université veut-on? Une université populaire ou une université d'excellence? Aujourd'hui, avec la concurrence internationale, je pense que la LRU va dans le bon sens, l'Etat ne peut pas tout faire..!
Je suis tout à fait consciente que la fermeture au fur et à mesure des universités les moins rentables ne va pas favoriser la vie des plus démunis: les gens à faible revenu ne pourront pas ou auront du mal à payer des études à leurs enfants s'ils n'habitent pas dans des villes universitaires parce que quand on sait cb coute un loyer aujourd'hui, quand on connait le cout de la vie...On sait que c'est dur...