La visite de Kadhafi nous a renseigné sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. En effet, cela montre que l'aspect realpolitik l'emporte sur tout le reste c'est-à-dire que les contrats, l'efficacité, le résultat, la libération des infirmières bulgares, peut se payer de beaucoup de choses, y compris de quelques éraflures sur certains de nos principes, l'efficacité d'abord: c'est la marque Sarkozy.
Les félicitations adressées à Poutine pour sa victoire législative jusqu'à sa réception avec faste de Kadhafi.
Le problème c'est que Sarko dans d'autres domaines ou il est très pragmatique realpolitik se montre très professionnel et la, il y a beaucoup d'amateurisme. C'est un voyage dont on peut contester le principe mais on peut l'accepter mais surtout, on doit constater son impréparation.
On ne contrôle pas le jour d'arrivée, il arrive le jour des droits de l'Homme, incident avec Rama Yade donc incident gouvernemental, il ne contrôle pas son programme de visite donc on le laisse aller à l'assemblée, on sait bien que cela va donner à la gauche un bâton pour taper sur le gouvernement et d'ailleurs cela n'a pas (et finalement heureusement, il ne rentrera pas dans l'hémicycle, ouf!) manqué, Ayrault a fait un très bon discours, s'est payé Kouchner, on ne contrôle pas sa visite à l'UNESCO ou d'un seul coup, Kadhafi se met à parler du traitement des immigrés en France, on ne contrôle même pas ce qui se dit dans les têtes à têtes puisque Sarko dit qu'il a parlé des droits de l'Homme car Kadhafi dit qu'il n'en a jamais entendu parler. (On aurait pu organiser une séance publique où Sarko en aurait parlé et Kadhafi n'aurait ainsi pas pu le nier)
On a fait preuve d'une absence totale de contrôle devant quelqu'un qui a fait preuve d'un professionnalisme complet de la provocation, le numéro de prestidigitation.
On a vu donc qu'il y avait un certain amateurisme et aussi des défauts dans l'armure Sarkozy notamment en ce qui concerne l'international: le discours en Afrique, raté, le discours aux USA, mieux maitrisé mais incident entre Guaino qui n'était pas content de la version et Jean David Levitt qui l'avait réécrit, en Chine, Rama Yade qui reste sur le tarmac et la encore, incident.
Il ne cesse d'y avoir à chaque déplacement, l'impression que ce n'est pas tenu.
La rupture, cela se contrôle sinon cela tourne au n'importe quoi...
La semaine dernière va rester au débit de Sarkozy débit d'abord parce qu'il a été en porte à faux avec l'opinion et Sarko ne déteste rien de plus que de déplaire à sa propre opinion, ensuite parce qu'il a donné l'impression d'être en total manque de contrôle et enfin parce qu'il voulait faire passer cette visite à grands renforts de contrats. C'était les nombreux milliards qui faisaient passer la pilule et on s'est rendu compte que sur les 10 milliards de contrats, beaucoup de choses sont hypothétiques. Les rafales, Kadhafi devait quasiment repartir avec eux sous le bras et on s'est rendu compte que non. En fait, il s'agit juste pour la France de négocier en position privilégiée pour une éventuelle signature dans quelques mois. Donc du coté des contrats, le compte n'y est pas non plus et on a l'impression de s'être fait rouler dans la farine.
De plus, l'élément le plus déterminant c'est qu'une grande partie des accords qui ont été conclus, et bien, la production qui va être générée sera faite directement à l'étranger donc cela veut dire que l'on n'aura pas forcément l'impact de croissance chez nous et notamment en terme d'emploi. Quand une entreprise française gagne un contrat à l'étranger, elle va s'implanter directement à l'étranger pour honorer ce contrat sur place donc l'impact éco sur la croissance et sur l'emploi dans l'hexagone, sera très limité.
La France et la Libye ont fait de la realpolitik!
La paramètre libyen c'est de constater qu'en décembre 2003, Kadhafi dit qu'il renonce au programme de destruction massive mais il ne faut pas non plus se faire leurrer par cette déclaration parce que si l'on regardait concrètement l'état d'avancement des différentes velléités nucléaires développés par la Libye récemment, il y avait beaucoup de site internet mais finalement, en cherchant bien on ne trouvait pas grand-chose. Finalement, c'était plutôt un positionnement politique de la part de Kadhafi qui d'ailleurs restait conforme à une autre disposition adoptée par K en 1999 qui était sa volonté de libéraliser son économie à niveau interne donc il y a ce fondement qui nécessitait de trouver des partenaires occidentaux donc à partir de là, il y a la nécessité de se rapprocher Washington à terme mais de trouver les intermédiaires entre temps. Parmi ces intermédiaires la, il y a France qui pour sa part, a subi un changement de présidence, qui certes, à l'époque de Chirac, en novembre 2004 en visite à Tripoli, montrait une ouverture mais qui aujourd'hui voit à sa tête une personne qui au nom du pragmatisme et au nom de cette realpolitik dit: "Je vais rester conforme aux objectifs de mon prédécesseur mais au niveau de la méthode, je vais aller encore plus avant" et c'est peut être la, que l'on peut être choqué.
N'oublions pas que du point de vue français, il y a toujours cette idée d'Union méditerranéenne et Sarkozy a besoin de trouver des points d'entrée à partir du Maghreb afin de montrer que ses méthodes révolutionnaires pourront aboutir à travers la Libye ou d'autres pays et en ce sens la Libye est cet exemple révolutionnaire a travers lequel Sarko veut révolutionner l'approche de la France par rapport à cette la zone sud de la méditerranée mais tout en ayant des paramètres qui nous dégage des fameux arguments sur les droits de l'homme.
Cette viste nous a aussi montré le cafouillage au sein du gouvernement...Oui cafouillage avec un vrai pb de forme pour Rama Yade qui cache un véritable problème de fond sur l'homogénéité idéologique du gouvernement à l'heure de l'ouverture. Cafouillage de Rama Yade qui a montré non sans cran d'ailleurs sa différence mais non sans jeunesse avec son interview dans le Parisien. Un dérapage de forme qui a montré l'inexpérience de Rama Yade mais le fait aussi qu'elle n'a pas été bien coachée.
En revanche, se cache un malaise plus profond, celui de Kouchner à l'Assemblée, qui était quand même le symptôme avancé. Nous avons avec Kouchner qql qui toute sa vie a combattu tout ce qui Kadhafi incarne. On a eu l'impression d'être arrivé dans un no man's land éthique, philosophique où Kouchner a fait la politique de la chaise vide.
Il faut que Kouchner aille au bout cet examen de conscience. Il n'est pas secrétaire d'Etat, il est le chef de la diplomatie : soit il dit que le vrai ministre c'est Sarko et Levitt et cela participe de cette disparition du gouvernement et de cette concentration à l'Elysée ou soit il dit, je suis le chef de la diplomatie française, "j'ai passé un contrat avec Sarkozy, en mai, il est rompu, je m'en vais."
Conclusion: Ne jamais mélanger le buisness et la politique! Le mélange des genres est très dérangeant.
.


