Si vous êtes plein d'illusions, si vous faites preuve d'un optimisme non dissimulé et si vous avez une confiance inébranlable en la nature humaine alors un conseil, évitez de travailler dans une boutique de bord de mer ou alors vous serez en proie à un profond désenchantement. Vous en sortirez désabusé, complètement dépité et toutes les valeurs en lesquelles vous croyez et sur lesquelles est fondée votre vie s'en trouveront fortement touchées voire remises en cause. Je noircis un peu le tableau dès le début mais c'est pour accrocher le lecteur bien que, croyez moi, ce qui va suivre, n'est vraiment pas exagéré.
Si je résume et ce sera vite fait et cela, dans un langage, pardonnez moi par avance, quelque peu trivial voire vulgaire mais ces mots sont dans le dico, non ?: la majorité des Français sont des porcs, des cons, et des chiants. Oui, j'ai bien dit la majorité. Avant cette expérience estivale, j'aurai tenu un autre discours en disant qu'une petite part des Français étaient ainsi mais non, je vous avoue que c'est bien la majorité. Bon en même temps, ce job d'été, c'était à côté du Cap d'Agde, peut-être que si l'année prochaine, je bosse à Monaco (il est permis de rêver !) je vous dirais que les Français sont pour la plupart, d'une grande courtoisie, d'une élégance sans commune mesure et toujours d'une infinie politesse (Bah quoi ? Il est permis de rêver !) mais bon hein, en attendant, cet été, j'ai bossé pas loin du Cap d'Agde.
Voyez vous, ce qui sans doute m'a le plus choqué, que dis-je, traumatisée, c'est cette manie que certaines personnes ont pour le vol. Le vol en tout genre, de tous objets qui vont des jouets coquins à une verseuse. C'est sûr que l'on doit vraiment prendre son pied, qu'il doit y avoir un sursaut d'adrénaline incroyable pour voler un truc d'aussi futile. Le soir, tu rentres chez toi et tu ramènes une verseuse volée du bazar discount du coin. OuahOoO, le truc qui tue, bref, le truc dont tu as du mal à te remettre. Le coup de la verseuse, pas très utile ni très folichon, en revanche, il y a des choses intéressantes à voler, genre, le pistolet bille/laser pour faire une partie avec tes potes le soir. Et bien oui, on ne va pas s'embêter à payer la marchandise, on va la voler et en prime, on va laisser l'emballage ! Pas du genre à s'embarrasser ! Toi, quand tu fais le facing, t'es super content et d'ailleurs, les jurons volaient assez souvent pour ma part. Allez, relativisons, un pistolet, une verseuse, ce n'est pas la fin du monde mais quand il s'agit de voler une petite pochette contenant clefs d'appart, portable et un peu de liquide, planquée sous la caisse alors là, on change de catégorie ! Ou carrément piquer le fric dans la caisse ou dans un des tiroirs de caisse. Et là, non seulement t'as envie de donner des baffes mais en plus, tu te dis « mais à quoi sert l'école, quelles valeurs enseigne t-on ? Pourquoi vouloir s'investir dans la vie publique, dans la vie politique pour...ça ? » ça, autrement dit des voleurs, des menteurs, des arnaqueurs...
En l'espace de 6 semaines, je n'ai jamais autant prononcé de « bonjour, merci, de rien, s'il vous plait ». Cela en soi, je m'en remettrai mais voyez vous le pire c'est quand on ne vous rend pas la politesse. Tenez, par exemple, un espèce de vieux crouton, venant régulièrement au magasin, ne m'a simplement jamais prononcé aucune parole, rien que des bougonnements détestables. Et croyez moi, je me suis faite la remarque suivante : « quand on est étranger et accueilli en Fr ance alors on fait un minimum d'efforts. » Je sais, ce n'est pas la bonne manière de penser mais vous savez, c'est comme pour le vol, malheureusement, ce sont souvent des arabes et des gitanes. Voyez vous, c'est là que je redescends un peu de mon nuage. Je me rappelle d'une discussion que j'avais eu avec un bloggeur à propos des banlieues et en gros, celui-ci me disait de ne pas faire preuve de naïveté et d'angélisme et quant à moi, je lui rétorquai, qu'il fallait faire la part des choses. Bref, en un sens, lui était trop dur mais dans la vérité et moi, bah moi peut être à la nier un peu.
Sinon, en tant que vendeuse, on fait pas mal de social. Et le pire c'est que l'on doit endurer le caquetage pithiatique des clients (plutôt clientes pour tout dire^^) sans sourciller et il faut même compatir voire surenchérir. Les clientes qui racontent que leur chien ne peut pas être promené l'après midi car ils se brûlent les pattes, les clientes se plaignant de migraine, celles qui nous racontent leur vie et alors le clou, c'est le petit papy, d'ailleurs encore jeune ma foi, qui va à la pêche tous les jours et qui vient faire un tour au magasin et qui te blablate je ne sais quoi. Et l'autre jour, je ne sais pas quelle mouche m'a piquée mais je lui ai demandé ce qu'il pêchait ! Et cela y était, on était parti pour une heure ! Heureusement, j'ai dû encaisser une cliente et le monsieur n'a pas repris son discours.
Avant de terminer, il faut que je vous raconte un truc de ouf ou comment une personne à elle seule te pourrit, te sabote ton boulot en l'espace de 2 minutes. Sur le devant du magasin, il y trois sortes de grands bacs dans lesquels, sont triés par pointure des chaussures que ce soit des claquettes, des sabots. Bref, quand on ne les range pas, on ne peut pas savoir que les trier prend quelques minutes quand même et c'est donc avec stupeur que tous les jours, je remarquai les clients farfouiller dans les chaussures avec toujours cette même indélicatesse et ce manque de respect. Imaginez un bac super rangé, et 2 minutes après, on dirait qu'un tremblement de terre a tout dévasté sur son passage ou alors un tsunami. Même pas la personne va essayer de remettre en ordre le désordre (sic) mis par ses soins. Non, non. Ah, me revient en tête aussi, les clients qui vont chipoter sur les prix : je m'explique, sur chaque portant, une pancarte indiquait les prix des différents vêtements de sorte que sur les cintres, certains prix ne correspondaient pas à la pancarte. Et ce, pour une simple raison : les cintres sont utilisés autant que pour des robes, des paréos... Et bien les clients non seulement, sont carrément aveugles, bigleux, enfin tout ce que vous voulez car primo, ils sont toujours à demander les prix alors qu'ils sont affichés et secundo, si un prix sur le cintre indique 2.50, le paréo, normalement à 4.90, ils le veulent à 2.50... Je sais bien que c'est le crise mais ne me dites pas qu'un paréo à 4.90, c'est chèrement payé ! Et alors le plus marrant, c'est sans doute les clients qui nous disent : « ah mais je suis dans le commerce, et quand on se trompe dans les prix, on doit être commerçants cad que l'on fait payer le prix indiqué et on ne trafique pas ! » Et bien oui, soit, je suis d'accord mais à condition que le client ne soit pas de mauvaise foi !
En somme, 6 semaines à découvrir la vie et les gens et je vous promets que c'est stupéfiant. Quand on dit que tout ne s'apprend pas dans les livres, telle est bien la vérité.