A peine la Conférence de Copenhague a-t-elle été ouverte que je sens déjà que je vais mal vivre les 15 prochains jours.
En effet, on regarde, on parle, on lit écolo et cela depuis la percée d'Europe Ecologie aux européennes de 2008. Oui oui en 2007, l'écologie ne parlait pas encore aux Français à en regarder le très faible score de la candidate verte Dominique Voynet aux présidentielles. Et gare aux voix dissidentes qui tenteraient de s'élever, on les taxe de faire du politiquement incorrect pour se faire remarquer dans une période plutôt marquée pensée unique sur l'écologie.
Les Verts et Europe écologie depuis quelques mois se sentent pousser des ailes mais je vais me faire l'avocat du diable quelques instants :
Si les Français ont voté pour Europe écologie à presque 16% (sur 60% de votants) en juin dernier, est-ce parce qu'ils ont réellement intégré les conséquences du réchauffement climatique et la notion de développement durable ou ont-ils voulu sanctionner le Parti socialiste pour son incapacité chronique à définir d'une part, un projet et d'autre part à mettre fin à ses querelles internes ? Ou encore l'ont sanctionner car le PS s'est trompé d'élections en faisait des européennes, un référendum pour ou contre Sarkozy alors que les partis ou mouvances comme Europe écologie justement, depuis octobre 2007, non seulement parlait d'Europe, des défis de l'Union européenne mais avait su aussi rallier des personnes aussi diverses politiquement que J. Bové ou E. Joly ?
Une fois dit cela, il est évident que la réalité sur le réchauffement climatique est à prendre en compte, depuis 10 ans les températures baissent mais à l'échelle du siècle, elles ont augmenté, l'industrialisation, la multiplication des échanges, l'arrivée de la Chine en tant que véritable acteur économique depuis la fin des années 70, ont largement contribué au débat d'aujourd'hui portant sur notre planète.
Mais arrêtons de nous assommer, nous, lecteurs, téléspectateurs, auditeurs avec cela. Sans doute, avez-vous remarqué le petit logo « vert » ou « Conférence de Copenhague » dans les éditions nationales des journaux télévisés mais pour autant, comme Y. A. Bertrand, à la veille des vacances, on ne parle pas écologie mais embouteillages !
S'il faut être écolo, c'est au quotidien, les Etats en tant que sujet de droit international, les individus en tant que citoyens du monde.
Avec la consécration de l'écologie dans les discours politiques au point que l'on peut aisément parler d'un effet de mode (au risque de choquer^^), ce qu'il faut avant tout, c'est de la pédagogie et d'éviter de sans cesse culpabiliser les citoyens. C'est aussi aux médias de participer à cette prise en compte par les citoyens.
Mais il faut également du temps, brusquer les esprit n'aura aucune utilité si ces mêmes esprits finissent par rejeter en bloc ce qu'il est vital par ailleurs d'intégrer : en effet, pas de planète B.